Notre visite de la forge de Philippe Turgot

À notre arrivée, nous rencontrons Philippe dans l’immense bâtiment où il a installé sa forge de ferronnier d’art, les ateliers Turgot, depuis 20 ans. Il a d’abord répondu à nos questions.

Nous avons appris qu’il est à la fois forgeron (il forge des choses utiles) et ferronnier d’art (il forge des créations, des œuvres d’arts) : il fabrique des portails, des marquises, des balcons, des ustensiles (couteaux, charnières,…) et des outils, notamment la plupart des siens.

Son premier outil fabriqué : une équerre.

Au premier plan, l’enclume principale, et à l’arrière-plan, on aperçoit le feu de la forge.

Ses principaux outils :

  • les enclumes (il en a 10 !)
Au premier plan l’enclume sur laquelle nous avons pu essayer de forger du fer.

Les différentes parties d’une enclume : les bigornes (la bigorne ronde pour envoyer le métal des 2 côtés, la bigorne carrée pour faire des épaulements) et la partie centrale pour « surfacer ».

  • les pinces et les marteaux (il en a tant qu’on ne pourrait les compter).
Une partie de sa collection de marteaux…
… une autre partie de ses marteaux, et de ses pinces au premier plan !

Sans oublier la forge elle-même, qui chauffe le métal (entre 1000°C et 1300°C) en brûlant du charbon de terre.

Philippe nous montre le charbon de terre qu’il utilise pour sa forge. Il nous apprend qu’on l’appelle aussi ANTHRACITE.

Pour travailler, il doit acheter la matière première : le fer. Il coute 15€/kg.

Il travaille principalement l’acier doux (1€/kg), qui est plus malléable et moins sensible à la rouille (l’oxydation).

La fonte, qui contient plus de carbone que le fer et l’acier, est moins chère : 0,60 €/kg. Mais la fonte ne se travaille pas, car elle est figée dans sa structure. Elle n’acceptera aucune déformation dans un travail à chaud et d’autant plus à froid, ce sont des pièces mécaniques ou d’ornement que l’on commande dans une forme définitive.

Ensuite, il a commencé à forger divers objets devant nous, à partir d’une barre de métal à chaque fois.

Philippe dessine à la stéatite ce qu’il s’apprête à forger.

Nous avons remarqué qu’il fait toujours 2 objets en même temps. L’expression « avoir plusieurs fers au feu » provient de là : pas de perte de chaleur ni de temps.

Début de la forge d’un clou :

Suite de la forge d’un clou :

Trempage à l’eau :

Le clou qu’il nous a forgé.

Forge d’une feuille : la pointe :

Suite de la forge d’une feuille :

Étincelles :

La pointe d’une autre feuille :

Le martinet : un marteau mécanique, de force modérée.

Travail de forge au martinet :

À l’occasion, pour de plus gros fers, Philippe travaille au pilon de force pneumatique, plus puissant.

Séparer une pièce de la barre de fer de départ : notre vidéo préférée !

La torsade de la tige d’une feuille :

Une autre feuille : cette fois, la tige sera une volute :

Et voilà le résultat, vraiment magnifique !

Les belles feuilles terminées : à gauche la volute, à droite la double torsade.

La lame d’un couteau prend forme, sous le marteau de Philippe :

Avec l’aide du griffon d’enclume, Philippe donne forme au manche du couteau :

Percer du métal :

Enfin, il assemble du fer sans soudure :

De gauche à droite : le clou, les feuilles, le couteau et l’assemblage.
Renan, employé de Philippe, travaille à la fabrication d’une marquise.
Kaëlig, l’autre employé de Philippe, prépare un des supports de la marquise (une console).

LE MOT DU FORGERON

Le fer, l’acier et la fonte sont tous les 3 fabriqués à partir du minerai de fer. Ce qui les différencie, c’est la quantité de carbone qu’ils contiennent. Depuis le XIXème siècle, ce sont les ouvriers de l’industrie sidérurgique (haut fourneau) qui font ces transformations en affinant de plus en plus le minerai de fer.

  • Le matériau le moins affiné est appelé fonte. Il contient plus de 2% de carbone.
  • L’acier en contient de 0,01 jusqu’à 2 %.
  • Le fer est le plus affiné, il contient moins de 0,01 % de carbone.

À partir de l’Antiquité, le minerai était affiné (dans un bas fourneau) pour produire directement du fer. Pour fabriquer des outils ou armes de dureté supérieure, il fallait ajouter du carbone.

Un bas fourneau en Afrique (source Wikipédia).
Un haut fourneau en Pologne (source Wikipédia).
Devant l’actuelle école de Broualan, au début du XXe siècle, on voit le forgeron : il fait le travail du maréchal-ferrand.
A cette époque, les routes n’étaient pas goudronnées : il y avait peu de voitures, et beaucoup de charrettes.
Le forgeron faisait aussi charron : il réparait les roues des charrettes.

À voir ces cartes postales anciennes, on comprend que le forgeron était un artisan très important pour la vie du village à cette époque.

En complément, Nous avons étudié la structure de la planète Terre et découvert que le noyau terrestre est constitué principalement de fer.

STRUCTURE DYNAMIQUE PLANETE TERRE
LE FER- Définitions
Fiche synthèse ferronnier

Nous avons aussi expérimenté la force électromagnétique des aimants.

A cette époque, les routes n'étaient pas goudronnées : il y avait peu de voitures, et beaucoup de charrettes. Devant l'actuelle école de Broualan, au début du XXe siècle, on voit le forgeron : il fait le travail du maréchal-ferrand. Le forgeron faisait aussi charron : il réparait les roues des charrettes.

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